Ce qu’un film vieux de 64 ans peut nous apprendre sur Death Stranding 2 : On the Beach

10 min. de lecture
  1. Serial Gamers -
  2. Death Stranding 2 – Tout ce que nous savons à ce jour -
  3. Ce qu’un film vieux de 64 ans peut nous apprendre sur Death Stranding 2 : On the Beach

Oui, le nom du jeu sera bien Death Stranding 2 : On the Beach. Ce sous-titre fait évidemment allusion à la plage littérale qui apparaît tout au long du premier jeu comme une sorte de limbe entre le monde des vivants et celui des morts, mais ce n’est pas la seule référence. Compte tenu de l’amour du réalisateur Hideo Kojima pour le cinéma – et de son goût pour les clins d’œil cinématographiques plus ou moins subtils dans ses jeux – il est impossible d’ignorer le lien avec le classique hollywoodien de 1959 On the Beach.

https://www.youtube.com/embed/1DMbRm7HAQw

Une chose est sûre : Kojima est un grand fan de On the Beach. Il a tweeté à propos du film à plusieurs reprises en 2023, déclarant : « J’aime aussi l’histoire originale de Nevil Shute. J’aime aussi le film On the Beach réalisé par Stanley Kramer. » Il a également tweeté quelques images de la sortie japonaise du film en Blu-ray, en disant « ce soir, je vais revoir mon film préféré ».

Kojima tweete sur beaucoup de films, donc ces références à On the Beach ne semblaient pas être quelque chose de trop notable pour les fans des jeux du réalisateur. Jusqu’à ce que l’on apprenne que Death Stranding 2 porterait ce nom en sous-titre. De quoi s’agit-il donc, et quel est le lien avec l’histoire de Death Stranding 2 ?

Sur la plage

Avertissement sur le contenu : On the Beach comporte plusieurs scènes de suicide, auxquelles cet article fait référence.

On the Beach est une adaptation de 1959 d’un roman de 1957, et le contexte historique de l’époque est important pour comprendre le film. C’était l’apogée de la guerre froide, où les États-Unis et l’URSS constituaient des stocks d’armes nucléaires susceptibles de détruire plusieurs fois le monde tel que nous le connaissions, dans l’espoir que les deux parties seraient trop effrayées par les répercussions pour jamais utiliser ces armes. De nos jours, cette idée constitue la trame kitsch d’environnements post-apocalyptiques souvent satiriques comme Fallout, mais à la fin des années 50, la crainte que le monde puisse s’écrouler en appuyant sur un bouton était bien réelle et présente.

Le réalisateur Stanley Kramer est surtout connu pour ses œuvres qui traitent sérieusement des questions sociales de l’époque. Son film le plus célèbre, Guess Who’s Coming to Dinner, dépeint de manière positive le mariage interracial à une époque où il venait tout juste d’être légalisé dans de nombreux États américains. Mais le film On the Beach évite délibérément de discuter des aspects politiques de la situation, ne s’arrêtant que brièvement pour spéculer sur le fait que l’apocalypse pourrait être attribuée à une personne effrayée qui aurait pris une décision rapide en regardant un écran radar, et se concentrant plutôt sur la façon dont les survivants d’une guerre nucléaire passent leurs derniers mois sur Terre.

Le film se déroule principalement à Melbourne, en Australie, qui a été largement épargnée par les destructions directes de la guerre nucléaire. Mais au moment où l’histoire commence, il devient de plus en plus évident que même les jours des survivants sont comptés, car la poussière radioactive transportée par les courants aériens devrait commencer à déferler sur l’Australie dans quelques mois seulement. Deux lueurs d’espoir subsistent. D’une part, une théorie scientifique suggère que les niveaux de radiation dans l’hémisphère nord pourraient baisser plus rapidement que prévu, ce qui signifie que le nuage nucléaire pourrait se disperser avant de recouvrir complètement la planète. L’autre est un mystérieux message en morse reçu quelque part sur la côte ouest des États-Unis.

Une mission sous-marine visant à mesurer les niveaux de radiation loin au nord et à enquêter sur ce signal mystérieux constitue l’axe central du film, et c’est ici que nous avons le lien le plus évident avec ce que nous avons vu de Death Stranding 2 jusqu’à présent. Une grande partie du film se concentre sur les efforts de l’équipage d’un sous-marin pour découvrir si des poches inconnues d’humanité pourraient subsister après l’apocalypse, ou s’il y a un espoir de survie pour qui que ce soit. D’après la bande-annonce PlayStation State of Play de Death Stranding 2, il semble que Sam, Fragile et le reste de l’équipage à bord du DHV Magellan poursuivent le même objectif : voir s’il y a quelqu’un d’autre avec qui communiquer en dehors des ruines de l’Amérique. La description de l’intrigue sur le site officiel mentionne même qu’ils « entreprennent un nouveau voyage pour sauver l’humanité de l’extinction ».

Aurions-nous dû nous connecter ?

Dans le film, la mission de sauvetage de l’humanité est finalement vouée à l’échec. Le sous-marin atteint l’Alaska et l’équipage découvre que les radiations ne se dispersent pas – elles restent mortelles et continueront à recouvrir la Terre. Le message en morse est localisé dans une raffinerie des environs de San Diego, mais il n’y a pas de survivants. Le code était émis par une bouteille de Coca à moitié vide, qui rebondissait au hasard contre un dispositif de transmission dans la brise de l’océan.

Fidèle à la réalité, le film présente la maladie des radiations comme une mort lente et douloureuse. Lorsqu’il devient évident qu’il n’y a plus d’espoir de survie, le gouvernement distribue ce que l’on appelle par euphémisme des « somnifères » à ceux qui souhaitent mourir paisiblement. Les derniers instants du film suivent une poignée de personnages centraux dans la manière dont ils choisissent de mettre fin à leur vie. Certains prennent les somnifères, d’autres partent dans leur pays d’origine dans l’espoir de mourir dans un endroit familier, et d’autres encore trouvent des morts plus symboliques.

La mission centrale de Death Stranding 2 pourrait-elle être aussi sombre ? Malgré tous ses moments sombres et ses morceaux de surréalisme, le jeu original s’est avéré presque désespérément optimiste sur le pouvoir de la connexion humaine. D’après ce que nous avons vu jusqu’à présent, il semble clair que la suite adopte un ton beaucoup plus sombre, posant explicitement des questions avec des titres tels que « aurions-nous dû nous connecter ? » La nouvelle bande-annonce contient également un moment révélateur où Higgs réprimande Sam pour avoir troqué ses outils de connexion habituels contre une arme à feu, ce qui indique que même nos protagonistes pourraient avoir du mal à accepter l’idée de connecter le monde.

Pourtant, il est difficile d’imaginer que Death Stranding abandonne complètement ses thèmes largement porteurs d’espoir, et il est encore plus difficile d’imaginer comment un film aussi cynique que On the Beach pourrait servir d’inspiration centrale pour la suite. Mais après avoir vu le film de mes propres yeux, je ne suis pas sûr qu’il soit si cynique que ça. C’est triste, oui – je veux dire, toute la race humaine meurt à la fin – mais une grande partie de la dernière heure du film est définie par des exemples où les personnages sont capables de trouver un sens à leurs derniers instants en établissant des liens avec les gens qui les entourent. Dans les jours qui précèdent l’extinction de l’humanité, nous voyons les personnages dépasser le traumatisme de la guerre, reconstruire les relations endommagées et en forger de nouvelles. Ce thème de la connexion est certainement lié aux idées présentées dans Death Stranding.

Il y a une nette différence dans la façon dont On the Beach atterrit lorsque vous regardez le film plutôt que de lire un résumé de l’intrigue, mais malheureusement, le résumé de l’intrigue est la façon dont la grande majorité des fans curieux de Death Stranding vont en faire l’expérience. Le film n’est disponible sur aucun service de streaming ou de location numérique que j’ai pu trouver, et même les copies DVD et Blu-ray semblent être épuisées depuis longtemps. C’est dommage, car au-delà du lien avec un jeu vidéo moderne à succès, c’est toujours un film qui frappe fort 64 ans après sa sortie.

Hideo Kojima semble travailler sur 3 jeux en ce moment : Death Stranding 2, OD et le « jeu d’action et d’espionnage » avec PlayStation.

Partager cet article
Laisser un commentaire