- Serial Gamers -
- Films & Séries -
- Civil War 2024 – Critique du film : Les horreurs ne manquent pas dans ce drame sans concession
« On ne sait jamais ce qui nous attend au prochain coin de rue », prévient le vétéran Sammy (Stephen McKinley Henderson), photographe novice, Jessie (Cailee Spaeny, de Priscilla), dans Civil War, du scénariste et réalisateur Alex Garland. C’est un conseil qu’il vaut la peine d’écouter, alors qu’avec la photojournaliste chevronnée Lee (Kirsten Dunst) et le reporter cavalier Joel (Wagner Moura), ils entreprennent un voyage ardu et périlleux à travers une Amérique du futur en conflit brutal avec elle-même.
Cependant, les paroles de Sammy servent également d’avertissement de Garland aux États-Unis désunis d’aujourd’hui : un pays dont la politique partisane et les positions idéologiques bien ancrées pourraient en effet engendrer un scénario cauchemardesque semblable à celui que son film envisage.
Ce que Lee et Joel recherchent, c’est une dernière interview et une dernière photo du président despotique de leur pays (Nick Offerman) avant son renversement violent imminent. Entre eux et leur objectif, il y a 1287,47 km de terrain dangereux, gouverné par des milices qui en sont venues à considérer leurs congénères comme des combattants ennemis fourbes.
Un sentiment palpable d’effroi imprègne l’histoire alors que le quatuor central se dirige vers Washington à travers un paysage apocalyptique de bâtiments en flammes, de voitures abandonnées et d’hélicoptères militaires abattus. Pourtant, Garland transmet également l’excitation vertigineuse que ses protagonistes ressentent face à la guerre viscérale dont ils sont témoins en cours de route – une exaltation coupable que nous ressentons également face à ce carnage qui provoque de l’adrénaline.
Le pourquoi et le comment de l’éclatement de cette guerre sont laissés intentionnellement, et de manière plutôt frustrante, dans le vague. Soucieux peut-être d’exacerber les tensions sociétales existantes, Garland imagine une alliance entre le Texas, État rouge, et la Californie, État de gauche, qui serait inconcevable dans la réalité, même avec un tyran meurtrier comme Offerman pour bête noire commune.
Considérée comme une fantaisie spéculative, Civil War n’en est pas moins d’une authenticité saisissante et glaçante. Il n’est pas étonnant que la Lee de Dunst passe une grande partie du film à avoir l’air hanté, malgré le professionnalisme vif et tranchant qu’elle présente à ses collègues.
Les sentiments maternels que Lee en vient, à contrecœur, à éprouver pour le jeune homme de Spaeny permettent à quelques lueurs d’humanité d’émerger de la morosité ambiante de la guerre de Sécession. Mais pour l’essentiel, il s’agit d’un thriller sinistre et éprouvant que l’on subit autant qu’on l’apprécie. Les prouesses techniques et le talent artistique de Garland dans sa représentation d’un monde en plein bouleversement sont indiscutables. Après deux heures d’hostilités internes implacables, c’est un monde que nous sommes tous prêts à quitter.
Civil War sort dans les salles de cinéma américaines et britanniques le 12 avril.
Voir aussi :
- Halo saison 2, épisode 8 – Un épisode plus que solide qui conclut une saison frustrante et incohérente
- The Dead Don’t Hurt – Notre critique : Le récit de Viggo Mortensen sur la frontière, beau et dur
- Halo Saison 2, épisode 6 – Un pas en arrière
- Monkey Man – Critique du film : Le premier film de Dev Patel est un triomphe sauvage
- Mon ami robot – Critique du film : Cette bromance entre un chien et un robot est une merveille charmante et sans paroles
- Les 10 meilleurs films dramatiques de tous les temps, classés par ordre d’importance
- Les 10 meilleurs westerns de tous les temps, classés par ordre d’importance
- X-Men ’97 – Critique de la série : Une réintroduction presque parfaite de l’une des meilleures équipes de super-héros de Marvel
- SOS Fantômes : La Menace de glace – Critique du film : Il n’a rien à voir avec les films originaux, mais il est assez sympathique
- Les 50 meilleurs films Netflix en 2026 à regarder en ce moment
