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- Cassandro – Critique du film : Gael García Bernal devrait faire parler de lui aux Oscars
Gael García Bernal est le genre d’acteur qui élève son matériau. Pourtant, même selon ses critères élevés, la performance de Bernal dans le rôle du lutteur Saúl Armendáriz est phénoménale. Lutteur amateur gay d’El Paso devenu une star à la fin des années 80, Armendáriz a fait tomber les barrières de l’homosexualité dans ce sport en incarnant son personnage Cassandro, alias « le Liberace de la Lucha Libre ».
Ayant déjà exploré la fluidité du genre et de la sexualité dans des films tels que Mauvaise éducation de Pedro Almodóvar, Bernal transmet ici cet esprit de défi espiègle. Il est également convaincant dans son rôle de combattant hors pair, capable de mettre à terre des adversaires deux fois plus grands que lui. Le résultat est une étude de caractère à plusieurs niveaux, qui garantit que Cassandro fascine aussi bien lorsqu’il s’amuse pour le public que dans les moments plus calmes, lorsqu’il vit simplement sa vie en tant que Saúl.
Le réalisateur Roger Ross Williams (qui a réalisé en 2016 un court métrage non fictionnel sur Armendáriz, intitulé The Man Without a Mask), apporte une élégance impressionnante au film, cadrant les scènes de lutte et les conversations entre amants avec soin et richesse. Contrairement à tant d’autres histoires queer, il évite de mettre l’accent sur la misère et les traumatismes, ce qui est rafraîchissant.
Même lorsque Saúl lutte contre l’addiction, les blessures et le rejet, ses souffrances ne le définissent pas et ne définissent pas le film, les deux gardant un sens du jeu et une croyance dans la capacité de Cassandro à surmonter la masculinité toxique du monde qui l’entoure. Bien que le biopic soit résolument positif et parfois un peu exagéré, Williams reste fidèle à l’esprit de quelqu’un qui, comme Gael García Bernal, était un amuseur né.
Cassandro est actuellement dans certains cinémas et sera diffusé sur Prime Video à partir du 22 septembre.
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