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- Spider-Man : Into the Spider-Verse – Notre critique : Une nouvelle incarnation joyeuse et trippante
De tous les personnages de tous les univers fictifs, Spider-Man semble être celui qui a le moins besoin d’une nouvelle interprétation. Le personnage a été mis en scène trois fois au cours des dernières années, et il est actuellement en très mauvaise santé sous la forme du Peter Parker de Tom Holland, qui parcourt le MCU. Into the Spider-Verse détruit allègrement cette hypothèse avec une aventure intelligente, drôle, qui traverse les dimensions et qui introduit un nouveau Spidey aux côtés d’une iconographie et de tropes familiers. Le film est également époustouflant sur le plan visuel, donnant vie au dynamisme des bandes dessinées d’une manière qui surpasse les films en prises de vue réelles.
Le film est réalisé conjointement par Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman, mais les marques de fabrique des producteurs Phil Lord et Christopher Miller sont omniprésentes dans ce film punky (Lord a inventé l’histoire et coécrit le scénario). Spider-Man : Into the Spider-Verse a un ton « méta » irrévérencieux, qui rappelle 21 Jump Street et The Lego Movie de Lord et Miller, mais il a aussi un cœur inattendu et de l’action palpitante. Et il est très, très drôle, s’attaquant à Spider-Man avec la même irrévérence que The Lego Batman Movie s’attaquant au Chevalier Noir.
Notre Spider-Man principal est cette fois Miles Morales (Shameik Moore), une version alternative de l’homme-araignée que l’on retrouve dans les bandes dessinées depuis 2011. Il n’est pas aussi technophile que Peter Parker, mais il est intelligent, sympathique et a du mal à se sentir à l’aise dans le pensionnat d’élite où il a obtenu une place. Le fait que son père soit flic ne facilite pas non plus son adolescence. Bien sûr, il finit par se faire mordre par un arachnide à l’allure bizarre, et… vous connaissez la chanson.
Ou pas tout à fait. Car Miles est également pris dans un désastre impliquant un collisionneur d’atomes qui fait un trou dans le continuum espace-temps, lui faisant rencontrer un Peter Parker schlubby d’un univers parallèle (le croak de Jake Johnson lui donne un cynisme parfait). C’est à ce mentor bedonnant qu’il revient de montrer à Morales les voies du web et de l’aider à se faire une idée de la vie de héros.
Miles et Peter ne sont pas les seuls Spider-People sur la scène. La perturbation du tissu spatio-temporel amène également Gwen Stacy/Spider-Woman (Hailee Steinfeld) dans leur orbite, ainsi que d’autres personnages arachnéens du multivers. Si, sur le papier, cela semble excessivement compliqué, à l’écran, c’est d’une élégance surprenante. L’action est ancrée dans la dimension de Miles, et l’objectif pour lui et sa super-équipe est simple : empêcher le collisionneur de particules de se déclencher à nouveau et de transformer Brooklyn en un gigantesque pépin.
L’origine de Miles est gratifiante et lente, pour ce qui est de ce genre de choses. Il ne s’approprie pas instantanément ses dons ; l’esprit est prêt, mais les superpouvoirs sont difficiles à maîtriser. En cours de route, il apprend quelques leçons sur ce que signifie être un héros, mais les réalisateurs parviennent à faire en sorte que ces moments soient sincères plutôt que sentimentaux. La distribution vocale est excellente, aussi bien pour la comédie que pour les moments plus émouvants. Brian Tyree Henry et Mahershala Ali, en particulier, apportent une réelle gravité à leurs rôles secondaires de figures paternelles de Miles. Nic Cage, quant à lui, est un régal dans le rôle de Spider-Man Noir, un Spidey en noir et blanc des années 30 qui débite des répliques propres à son époque.
Visuellement, le film échappe aux comparaisons avec tout ce qui a été fait auparavant. C’est une bande dessinée pop-art qui prend vie, et la rapidité de son montage et de ses montages rappelle l’énergie du travail d’Edgar Wright. Imaginez une planche de bande dessinée rendue en 3D et animée en stop-motion. Les personnages sont ombrés avec des points et des lignes Lichtenstein, mais remarquablement, cela ne vous tient pas à distance : les visages stylisés sont gravés avec émotion.
Quant aux méchants, ils sont à la hauteur de leurs silhouettes exagérées de bandes dessinées : regardez le Kingpin de Liev Schreiber, qui est bâti comme une triple armoire, ou le monstrueux Gobelin. Lorsque les images sont aussi impressionnantes, on pourrait s’attendre à ce que le film manque de substance, mais ce n’est pas le cas. Au milieu de toute cette invention, il y a beaucoup de cœur – et pas seulement dans l’histoire de Miles ; tous les Spideys sont traités avec sensibilité – et un arc satisfaisant.
Les fans actuels de Spider-Man en tireront sans doute davantage, étant donné qu’il est truffé de méchants familiers, d’œufs de Pâques et de références, mais il mérite d’être vu par le plus grand nombre. Et bien qu’il y ait des indices que l’histoire pourrait continuer (il s’agit d’un multivers, après tout), il fonctionne comme un one-shot satisfaisant – il ressemble à un repas complet, plutôt qu’à une simple entrée, ce qui est rare pour un démarrage de franchise potentielle de nos jours. Oubliez la physique quantique et le saut dimensionnel : la chose la plus impossible à croire ici, c’est que Spider-Man semble à nouveau excitant et nouveau.
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- Date de sortie : 12 décembre 2018 (Royaume-Uni)/14 décembre 2018 (États-Unis)
- Certificat : PG
- Durée : 117 minutes
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