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- The Kitchen – Notre critique du film de 2023 : Une vision surprenante d’un futur troublant et proche de notre présent
The Kitchen a été présenté en première mondiale au BFI London Film Festival. Voici notre critique…
Ces dernières années, Daniel Kaluuya, lauréat d’un Oscar, a interprété le fantôme du Noël passé dans une version cinématographique du Chant de Noël et Bill Sikes dans un livre audio d’Oliver Twist. Il est donc compréhensible qu’il y ait des aspects des deux dans le scénario qu’il a coécrit (avec Joe Murtagh) pour The Kitchen, dans lequel un bougre à la Scrooge se dispute avec un chef de gang à la Fagin pour obtenir l’allégeance d’un orphelin qui a connu des temps difficiles.
Les parallèles avec Dickens s’arrêtent là, pour être remplacés par des nuances de George Orwell et d’Aldous Huxley : des écrivains dont les descriptions dystopiques de sociétés futuristes sont complétées par la vision sombre de Londres 2040 que Kaluuya et son co-metteur en scène Kibwe Tavares ont créée pour leur premier long métrage de fiction.
Dans la métropole à venir, des immeubles d’habitation rutilants dans le ciel offrent une vie d’isolement antiseptique à ceux qui peuvent se le permettre. Ceux qui ne le peuvent pas ont « The Kitchen » : une commune délabrée de logements sociaux enchevêtrés dont les fiers résidents vivent dans la pauvreté sous la surveillance incessante du gouvernement.
Izi (Kane Robinson) en a assez des descentes de police et des pénuries d’eau. Il a jeté son dévolu sur un appartement d’une chambre dans le quartier chic de Buena Vida. Alors qu’il pense être sorti, quelque chose l’attire à nouveau : le jeune Benji (Jedaiah Bannerman), l’enfant d’une ancienne petite amie qui, ayant perdu sa mère, risque d’être entraîné dans la violente insurrection que Robin Hood Staples (Hope Ikpoku Jr.), un habitant de la ville, mène contre les autorités.
Il s’agit au fond d’une simple histoire de moralité, qui rappelle parfois A Bronx Tale et qui met en scène un DJ de quartier sagace (interprété, de manière assez fabuleuse, par l’ex-footballeur Ian Wright) de la même étoffe que Mister Señor Love Daddy, de l’émission Do the Right Thing. Pourtant, ce film est si étonnamment et méticuleusement conçu qu’il ne cesse de captiver. Tavares s’appuie sur sa formation d’architecte pour montrer à la fois la stérilité de l’embourgeoisement et le dysfonctionnement glorieux de ce qu’il veut éradiquer.
Le Barbican Centre de Londres, un bâtiment brutal, devient un funérarium high-tech, tandis que d’autres scènes dans la cuisine trouvent une nouvelle utilisation ingénieuse pour le HMP Holloway, qui a été fermé. Robinson, quant à lui, est sans aucun doute l’acteur principal de demain, la star de Top Boy faisant preuve d’un charisme puissant dans un film qui pourrait potentiellement faire à sa carrière ce que Get Out a fait pour celle de Kaluuya.
The Kitchen sortira sur Netflix à une date à confirmer.
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