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- The Shrouds – Notre critique : Un effort sec et décevant de la part de David Cronenberg
The Shrouds a été présenté en première mondiale au Festival de Cannes. Voici notre critique.
En 2022, David Cronenberg est revenu après huit ans d’absence avec Crimes of the Future, une histoire tordue et sexuellement chargée qui fait écho aux films précédents de l’auteur canadien, obsédés par l’horreur du corps. The Shrouds, son dernier film, est lui aussi morbidement obsédé par le corps, mais uniquement dans son état de décomposition.
Vincent Cassel incarne Karsh, un homme qui n’a pas encore digéré la perte de sa femme Becca (Diane Kruger), emportée par un cancer du sein. Dans un cadre paisible, Karsh a fondé un restaurant avec un cimetière high-tech attenant. Chaque pierre tombale est équipée d’écrans numériques, permettant aux proches d’observer le cadavre de ceux qu’ils ont enterrés, se décomposant lentement et en temps réel. Des caméras placées à l’intérieur des cercueils permettent même de transmettre des images à son téléphone. C’est une idée sinistre et intrigante, typique de Cronenberg, mais qui ne prend jamais vraiment son envol dans une histoire trop bavarde qui raconte autant qu’elle montre.
Dans ce qui semble être un clin d’œil au classique de Cronenberg Dead Ringers (1988), Kruger joue également le rôle de Terri, la sœur jumelle identique de Becca, dont Karsh se rapproche au fil du film. Becca était auparavant mariée à l’ingénieur en informatique Maury (Guy Pearce, délicieusement abattu). La relation de Karsh avec une femme aveugle à l’allure élégante et l’attaque du cimetière, qui pourrait avoir des motivations politiques et environnementales, sont autant d’éléments qui viennent renforcer l’intrigue.
Tout cela, hélas, se résume à bien peu de choses dans un film qui s’interroge sur la vie, la mort, le chagrin et les forces qui nous animent de manière résolument muette. Cassel, qui était beaucoup plus vigoureux dans ses précédentes collaborations avec Cronenberg (Eastern Promises, un conte sur les gangsters russes, et A Dangerous Method, une saga sur Freud et Jung), s’acquitte assez bien de son rôle, mais ne parvient pas à donner vie au personnage ou au film. Une intrigue conspirationniste peu intéressante n’arrange pas les choses, pas plus que la palette visuelle terne et efficace. (Le chef opérateur Douglas Koch a également réalisé Crimes of the Future).
Comme toujours, Cronenberg laisse beaucoup de choses à mâcher, mais dramatiquement, The Shrouds semble plutôt inerte, comme s’il n’arrivait pas à sortir de la deuxième vitesse. Au moins, Kruger a la possibilité de montrer sa palette avec sa double performance, démontrant ainsi son talent sous-estimé. Mais en tant que film de Cronenberg, The Shrouds n’a que peu de chances de figurer sur la liste des meilleurs films de l’auteur.
La date de sortie de The Shrouds est actuellement à confirmer. Pour en savoir plus sur Cannes, voici notre critique de Megalopolis et notre critique de The Substance.
Nous avons également dressé une liste de tous les films d’horreur à venir qui devraient être sur votre radar.
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