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- Back to Black – Critique du film : Un biopic d’Amy Winehouse compétent mais parfois maladroit
« Je veux qu’on se souvienne de moi comme d’une chanteuse », déclare Amy Winehouse (Marisa Abela de l’industrie) dès le début du biopic de la chanteuse londonienne emblématique réalisé par Sam Taylor-Johnson. C’est un sentiment noble, surtout si l’on tient compte de l’infamie créée par les tabloïds : ses problèmes d’alcool et de drogue ont régulièrement fait la une des journaux avant sa mort prématurée à l’âge de 27 ans en 2011.
En retraçant l’histoire de Winehouse, depuis son premier album Frank jusqu’à la création de Back to Black, son successeur au succès retentissant, ce livre se garde bien d’être racoleur tout en essayant de célébrer son travail.
Back to Black marque les retrouvailles du scénariste Matt Greenhalgh avec Taylor-Johnson, 15 ans après leur collaboration sur Nowhere Boy, qui retraçait la vie de la future star des Beatles, John Lennon. Ici, nous avons un aperçu de la vie familiale de Winehouse, avec sa mère Cynthia (Lesley Manville) et son père chauffeur de taxi Mitch (Eddie Marsan), alors qu’elle gravit les échelons de l’industrie musicale – de 19 (la société de Simon Fuller, qui a déjà signé les Spice Girls) à Island Records.
Exploitant la personnalité volatile et sans état d’âme de Winehouse, le film n’atteint son apogée que lorsqu’elle rencontre Blake Fielder-Civil (un Jack O’Connell sûr de lui), l’homme qui deviendra son mari et la rejoindra dans un tourbillon d’abus de substances, alors que sa célébrité atteint des niveaux proches de l’hystérie. Malheureusement, le passage de Winehouse d’une attitude anti-drogue à une consommation régulière n’est pas saisi avec une finesse particulière ; Taylor-Johnson s’abstient en grande partie de transmettre les aspects les plus sombres de la déchéance de la chanteuse.
Le film n’a donc pas le même impact émotionnel que le documentaire Amy d’Asif Kapadia, récompensé par un Oscar. Il s’agit plutôt d’une histoire d’amour entre la chanteuse et Fielder-Civil, dont la période tumultueuse a inspiré des chansons comme Back to Black. L’ensemble est porté par la formidable interprétation d’Abela, qui ne se contente pas de jouer le rôle (tatouages, coiffure en forme de ruche, etc.), mais offre une performance vocale remarquable, ressemblant étrangement à la chanteuse sur disque.
En fin de compte, Back to Black est un regard sobre – bien que plutôt direct – sur les dangers de la célébrité, notamment lorsqu’il montre des paparazzis enragés qui traquent les moindres faits et gestes de la chanteuse. Bien qu’il n’entre pas vraiment dans la peau de son sujet couvert d’encre, la légende du générique de fin expliquant que Winehouse est morte d’un empoisonnement à l’alcool après une longue période de sobriété a une grande force. C’est un rappel brutal de la tragédie d’un immense talent qui s’est éteint dans la fleur de l’âge.
Back to Black est dans les salles de cinéma britanniques à partir du 12 avril et dans les salles américaines à partir du 17 mai.
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