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- Les 32 plus grands monstres du cinéma
Dans une citation célèbre dont il est aujourd’hui difficile de retrouver la source, le créateur de Godzilla, Ishiro Honda, a un jour fait remarquer que « les monstres sont des êtres tragiques : « Les monstres sont des êtres tragiques ; ils naissent trop grands, trop forts, trop lourds, ils ne sont pas mauvais par choix. C’est leur tragédie ». Depuis que l’humanité sait raconter des histoires, il y a toujours eu des monstres. Mais dans l’histoire du cinéma, quels sont les monstres qui s’en sortent le mieux ?
De la mythologie grecque aux religions abrahamiques en passant par les bandes dessinées, les monstres peuvent représenter tout ce qu’un conteur désire. Ils peuvent être politiques ou personnels, effrayants ou doux. La seule vérité universelle est que les monstres représentent quelque chose que nous refusons de reconnaître en surface, leur laideur et leur violence exposant une hideur qui vit en chacun de nous.
Dans la longue histoire du cinéma, les réalisateurs n’ont eu de cesse d’inclure des monstres dans leurs histoires, qu’il s’agisse d’extraterrestres venus d’un autre monde ou de simples animaux agissant par pur instinct. Pour les célébrer, voici les 32 plus grands monstres de cinéma.
32. L’homme au bélier (Lamb, 2021)
Dans l’une des révélations de dernière minute les plus surprenantes jamais faites dans un film d’horreur, le scénariste et réalisateur Valdimar Jóhannsson démasque l’entité qui traque ses personnages humains dans son film d’horreur folklorique Lamb, sorti en 2021. Après avoir adopté un étrange bébé mi-humain, mi-mouton, des fermiers ruraux s’attirent les foudres de son père biologique, simplement connu sous le nom de « Ram Man » (l’homme au bélier). Avec le visage d’un bélier mais le corps, l’intelligence et la possessivité territoriale d’un homme – ainsi que la connaissance du maniement des armes à feu – l’homme-bélier n’a pas d’histoire d’origine explicable. S’il y en a une, ce n’est pas une histoire que l’on aimerait entendre. L’homme-bélier est un symbole ambulant de la fureur de la nature, une erreur sensible dans le grand dessein de l’évolution.
31. Gloria (Colossal, 2017)
Dans le drame de 2016 de Nacho Vigalondo, la bataille sans fin entre kaiju et mecha sert d’allégorie explosive à la politique de genre et aux insécurités masculines. Dans Colossal, la star Anne Hathaway incarne Gloria, une écrivaine sans but qui retourne dans sa ville natale du New Hampshire après une rupture. Très vite, Gloria apprend qu’elle est psychiquement liée à un monstre géant qui terrorise la Corée du Sud. Si Colossal est finalement plus intéressant dans sa prémisse que dans son exécution, Anne Hathway est toujours aussi attachante dans le rôle d’une femme troublée qui apprend à maîtriser le monstre qui vit en elle.
30. Cyclope (Le 7e voyage de Sinbad, 1958)
L’une des créations les plus emblématiques de l’animateur et cinéaste Ray Harryhausen reste le cyclope, dans la superproduction de 1958 Le 7e voyage de Sinbad. Véritable prouesse technique de l’animation en stop-motion, le cyclope est toujours aussi vivant et terrifiant aujourd’hui qu’il l’était il y a plusieurs décennies. Son interprétation spécifique de la créature du mythe grec, avec ses jambes de bouc, sa couronne de cornes et sa taille gigantesque, est un élément fondamental qui influence encore aujourd’hui les artistes fantastiques.
29. Le Blob (Le Blob, 1958)
Le public moderne peut rire d’un monstre comme le Blob. Il est facile de le distancer et il n’est pas difficile de le mettre dans un bocal géant. Pourtant, la terreur que suscite une matière grasse extraterrestre dévorante tient moins à la façon d’y survivre qu’à ce qu’elle représente. Dans le film original de 1958 avec Steve McQueen, le Blob est une métaphore de l’avancée méthodique du communisme en Amérique, tandis que dans le remake de 1988, son origine en tant qu’arme gouvernementale explore la façon dont les gens peuvent être détruits de l’intérieur. Le Blob n’a pas de personnalité et pourrait être le monstre le plus facile à survivre. Mais cela ne l’empêche pas d’être une représentation efficace de tout ce qui nous effraie.
28. Le monstre (A Monster Calls, 2016)
Porté par la voix autoritaire de Liam Neeson, le « Monstre » magnifiquement mis en scène dans le drame fantastique A Monster Calls (2016) de J.A. Bayona représente le chagrin imminent ressenti par un jeune garçon, Conor O’Malley (Lewis MacDougall), pour sa mère atteinte d’un cancer, interprétée par Felicity Jones. Au cours de leurs derniers jours ensemble, Conor est d’abord terrorisé par un if géant qui parle, mais ils se lient rapidement d’amitié, le monstre lui tissant des contes de fées d’anciens royaumes qui sont instructifs pour son avenir. Entre ses effets visuels magnifiques et la voix off tonitruante de Neeson, le simple titre « Monster » joue un rôle crucial dans un film sur les choses étranges que nous héritons de nos parents et sur la façon dont nous nous préparons à une vie sans eux.
27. L’insecte (Men in Black, 1997)
Si l’humanité s’anéantit à la suite d’une apocalypse nucléaire, une créature survivra : l’humble cafard. C’est donc la forme idéale pour « l’insecte », l’extraterrestre maléfique de la comédie de science-fiction Men in Black, réalisée par Barry Sonnenfeld en 1997. Inspiré de la série de bandes dessinées, l’agent J (Will Smith) fait équipe avec l’agent K (Tommy Lee Jones) pour empêcher un insecte extraterrestre de rechercher une relique cruciale pour une guerre galactique. Pendant une longue partie du film, l’extraterrestre habite le corps d’un fermier abusif, Vincent D’Onofrio jouant un cadavre dégoûtant et ambulant. Le film passe à la vitesse supérieure lorsque l’extraterrestre se débarrasse de sa fausse peau pour dévoiler son véritable visage, celui d’un monstre insectiforme. Entre la performance chaotique de D’Onofrio et l’inoubliable révélation finale, « The Bug » confirme que Men in Black est un film de genre de grande qualité.
26. Darkness (Legend, 1985)
L’épopée fantastique Legend de Ridley Scott présente l’une des représentations les plus inoubliables du mal à l’état pur, tous supports visuels confondus. Darkness, interprété par Tim Curry, est tout simplement la définition parfaite du Diable : des cornes noires géantes, un visage anguleux et un physique masculin déchiqueté qui rappelle délibérément les représentations de Satan dans l’art de la Renaissance. Honnêtement, il est criminel que Darkness ne soit qu’un personnage de film et non le boss final d’un jeu Dark Souls. Bien que Legend ne soit pas un film religieux, Darkness est plus ou moins le Lucifer lui-même, avec tout son ego et son humour noir.
25. L’ours mutant (Annihilation, 2018)
Méfiez-vous lorsque vous entendez une voix crier à l’aide, car ce n’est peut-être pas la personne que vous croyez. Dans le film d’horreur de science-fiction Annihilation, réalisé en 2018 par Alex Garland, une équipe de scientifiques et de soldats pénètre dans une zone de quarantaine appelée « The Shimmer », où une présence extraterrestre a modifié la faune qu’elle contient. Au milieu du film, les personnages, dont la protagoniste principale Lena (Natalie Portman), sont confrontés à un terrifiant ours mutant, dont le crâne est exposé et qui peut émettre un cri dans la voix d’un des membres de l’équipe. C’est l’une des rencontres les plus surprenantes et les plus saisissantes du film, et même de toute la science-fiction et de l’horreur.
24. Ivan Ooze (Mighty Morphin Power Rangers : The Movie, 1995)
La franchise Power Rangers est une célèbre adaptation d’une série télévisée japonaise, mais le film Mighty Morphin Power Rangers : The Movie, sorti en 1995, a pris sa propre direction en créant un méchant original, de fabrication américaine : Ivan Ooze. Joué par Paul Freeman, Ivan Ooze est un ancien métamorphe gluant qui a le sens du spectacle et qui est réveillé par les ennemis jurés des Power Rangers. Amalgame d’autres monstres du cinéma d’antan – il en a des touches, du Blob à Dracula – Ivan Ooze se démarque par son esprit vif et son refus de se laisser arrêter par des adolescents en costume de ninja. Tout le mérite revient à Paul Freeman pour une performance qui valait bien plus que les grossières images de synthèse.
23. Candyman (Candyman, 1992)
Si Candyman est issu de l’imagination de l’auteur anglais Clive Barker, ce tueur fumant, incarné par Tony Todd, est un monstre proprement américain, né de l’impardonnable traite négrière du pays. Fantôme des préjugés raciaux, le « Candyman » était un peintre, fils d’un esclave afro-américain qui, après être tombé amoureux d’une femme blanche, fut tué par une foule de lyncheurs qui l’avaient étouffé dans du miel pour attirer les piqûres d’abeilles. Aujourd’hui, à Chicago, le Candyman peut être invoqué par magie, à la manière de Bloody Mary. Contrairement à d’autres « slashers » cinématographiques, le Candyman de Tony Todd est un diable étonnant et élégant, son long manteau de fourrure et ses chaussures en cuir lui donnant un air de classe lorsqu’il émerge de l’obscurité.
22. Méduse (Le Choc des Titans, 1981)
Dans ce qui est pratiquement le dernier rodéo de Ray Harryhausen, l’épopée fantastique de 1981 Le Choc des Titans contient certains des monstres les plus inoubliables jamais portés à l’écran. En tête de liste, la redoutable gorgone Méduse. Fidèle à la mythologie grecque, Méduse est un monstre féminin ressemblant à un serpent, dont le regard peut transformer les spectateurs en pierre. Telle que rendue par Harryhausen, Méduse est un monstre envoûtant dont les mouvements étranges et les traits sinistres créent une image saisissante qui s’incruste dans les banques de mémoire. Alors que l’héroïque Persée (joué par Harry Hamlin) la décapite pour utiliser ses yeux maudits comme sa propre arme, sa rencontre avec Méduse dans son repaire du Styx est aussi passionnante qu’excitante.
21. Le Babadook (Le Babadook, 2014)
Dans le classique moderne du film d’horreur australien The Babadook de Jennifer Kent, une mère célibataire et veuve s’efforce d’élever seule son jeune fils tandis qu’un monstre étrange les traque partout. De concert avec les frayeurs légitimes à faire dresser les cheveux sur la tête, créées grâce à des atmosphères soignées, on trouve le Babadook lui-même, une inexplicable chose des ténèbres dont le corps trapu, les membres minces et le chapeau haut de forme donnent l’impression d’être un méchant de livre d’histoire impie. Métaphore du chagrin dévorant, le Babadook est le rare monstre de cinéma dont les victimes n’apprennent pas à le vaincre, mais simplement à vivre avec lui.
20. Bruce le requin (Les Dents de la mer, 1975)
L’un des monstres les plus menaçants du cinéma a acquis son éternelle mystique grâce à une certaine ironie. Pendant la production des Dents de la mer de Steven Spielberg (1975), qui raconte l’histoire d’un grand requin blanc mangeur d’hommes qui tue les baigneurs de la Nouvelle-Angleterre, le requin accessoire (surnommé « Bruce » d’après l’avocat de Spielberg) ne cessait de tomber en panne. Pour contourner ce problème, Spielberg a choisi de représenter le requin à l’écran de la manière la plus minimale possible. Il en résulte une atmosphère d’effroi inéluctable qui définit parfaitement Les Dents de la mer, une anticipation de la mort et de la destruction qui est toujours à l’affût. Si l’on ajoute à cela le fait que le requin des Dents de la mer n’est qu’une créature sauvage qui s’occupe de ses affaires, le chef-d’œuvre de Spielberg est là pour dire que l’humanité cède toujours à la cruauté de la nature.
19. Pazuzu (L’Exorciste, 1973)
Peu de choses sont aussi effrayantes que la corruption de la jeunesse. Dans l’éternel film d’horreur de William Friedkin, L’Exorciste, basé sur le roman de William Peter Blatty, Regan (Linda Blair), âgée de 12 ans, est possédée par Pazuzu, une divinité mésopotamienne. Alors que Pazuzu lui-même n’est « vu » que pendant un bref instant (avec l’actrice Eileen Dietz dans un maquillage blanc pâle saisissant), Pazuzu envahit le corps de Regan, la ravageant de cicatrices, d’imperfections et d’odeurs. La voix incomparable de Pazuzu est une combinaison de celle de Blair et d’autres acteurs, Ron Faber et Mercedes McCambridge, ce qui renforce le sentiment que Regan a succombé à des entités du monde souterrain que la science ne peut pas expliquer. Un aspect négligé de Pazuzu est la drôlerie dont il peut faire preuve, étant un véritable troll qui jure comme un marin ivre et se moque des prêtres avec sarcasme. « Quelle belle journée pour un exorcisme !
18. Red (Us, 2019)
Dans le deuxième film d’horreur de Jordan Peele, le scénariste/réalisateur revigore notre peur des sosies comme mauvais présages avec une Lupita Nyong’o magistrale qui joue à la fois le rôle de la « dernière fille » et celui du monstre du film. Dans Us, une population de doubles appelée « Tethered » vit loin sous terre, dans l’attente du jour où elle remontera à la surface. Le chef des Tethered est Red, le double d’une femme nommée Addy qui, contrairement aux autres Tethered, peut parler (bien qu’avec beaucoup de difficultés). Nyong’o gagne sa place dans le canon des grands monstres de cinéma de tous les temps dans son rôle de Red, ses yeux blancs frappants et sa voix gutturale créant une incarnation de la vallée de l’étrange. Sans trop en dire, disons que la rencontre d’Addy avec Red prend un sens différent lorsque, à la fin, on découvre que ce cas de violation de domicile n’est pas tout à fait ce qu’il semble être.
17. Jason Voorhees (Vendredi 13, 2ème partie, 1981)
Jason Voorhees est l’un des slashers les plus marquants de l’histoire. Sa taille imposante contraste avec sa personnalité et sa curiosité presque enfantines. Enfant difforme qui s’est noyé à cause de l’irresponsabilité de moniteurs de colonie de vacances hormonaux, la mère de Jason est d’abord le principal méchant du premier volet de la franchise, tandis que Jason lui-même prend de l’importance dans la suite du film. Jason Voorhees n’a pas été le premier « slasher » au cinéma, et on peut dire qu’il est un peu trop dérivé d’un autre tueur masqué, Michael Myers. Mais les regrets de Jason, ses capacités surhumaines et son emblématique masque de hockey vintage ont fait de lui l’un des tueurs les plus polyvalents qui soient.
16. Gozer le Gozarien, les Terror Dogs et le Stay Puft Marshmallow Man (S.O.S. Fantômes, 1984)
Dans le classique de la comédie de science-fiction S.O.S. Fantômes, du scénariste et acteur Dan Aykroyd et du réalisateur Ivan Reitman, d’anciens dieux sumériens (et non babyloniens) libèrent des fantômes dans la ville de New York, laissant à S.O.S. Fantômes le soin de nettoyer la ville. Si le méchant qui se cache derrière tout cela est Gozer, interprété par le mannequin Slavitza Jovan et dont la voix est celle de Paddi Edwards, le monstre dont la plupart des gens se souviennent est le géant Stay Puft Marshmallow Man, la mascotte du snack transformée en géant de la destruction. Entre cela, la présence de Gozer qui rappelle Lovecraft et les monstres en stop-motion » Terror Dog » qui sortent tout droit d’une peinture médiévale, tous ces éléments font de Ghostbusters non seulement une grande comédie, mais aussi un grand film de fiction sur les monstres.
15. Pennywise le clown danseur (IT, 2017)
Une ancienne entité métamorphe dont le cycle d’alimentation hante les habitants malchanceux de Derry, dans le Maine, It – qui prend souvent la forme du clown danseur Pennywise – est une métaphore effrayante des traumatismes collectifs et des dangers de garder des secrets, même pour nous-mêmes. Alors qu’il était à l’origine interprété par Tim Curry dans une mini-série télévisée de 1990, l’acteur Bill Skarsgård a donné vie à un Pennywise inoubliablement baroque et immonde dans la version cinématographique épique d’Andy Muschietti en 2017, où son humour noir semble n’amuser que lui-même et où sa danse donne l’impression de faire partie d’un rituel ancestral. Fait amusant : lorsque Stephen King a écrit le roman original, il a d’abord conçu Pennywise comme un troll inspiré du conte pour enfants « Three Billy Goats Gruff ». Un pressentiment l’a incité à réécrire Pennywise sous la forme d’un clown, estimant qu’ils étaient plus effrayants pour un plus grand nombre d’enfants. On peut se demander ce qui a bien pu être chuchoté à l’oreille de King pour donner vie à Pennywise.
14. L’homme amphibie (La forme de l’eau, 2017)
Le film d’horreur Creature From the Black Lagoon, sorti en 1954, est l’un des derniers hymnes aux Universal Monsters, puisqu’il s’agit du dernier film de la franchise avant des décennies de sommeil. Il s’achève avec l’une des entités les plus mémorables de l’histoire : le monstre mi-humain mi-poisson Gill-man (joué par Ricou Browning et Ben Chapman) qui terrorise les scientifiques et convoite la belle Julie Adams en Amazonie. Des années plus tard, un jeune Guillermo del Toro a regardé le film et y a vu quelque chose que personne d’autre n’avait vu : Une romance. En 2017, del Toro a réalisé son film oscarisé La Forme de l’eau, qui est essentiellement une réécriture de fanfiction où le monstre et la belle fille ne sont pas effrayés l’un par l’autre, mais tombent en fait amoureux. Avec Doug Jones dans son rôle le plus masculin à ce jour, une bête devient une figure improbable de tendresse et d’érotisme, une illustration de l’amour étant une force nourricière que nous ne comprenons pas complètement mais que nous embrassons avec passion.
13. T-1000 (Terminator 2 : Le jugement dernier, 1991)
Dans le film de James Cameron qui a prouvé que les suites devaient être plus grandes et meilleures que l’original, Arnold Schwarzenegger incarne un T-800 reprogrammé qui protège le jeune John Connor (Edward Furlong) et sa mère Sarah (Linda Hamilton) du T-1000 avancé, joué par Robert Patrick. Machine à tuer à base de liquide, le T-1000 n’est pas seulement un méchant très cool, c’est aussi une merveille d’effets visuels à couper le souffle. Regarder le T-1000 se déplacer et chasser Arnold Schwarzenegger en 1991, c’était être témoin de l’avant-garde de ce que le cinéma numérique était capable de faire.
12. Sadako (Ring, 1998) et Samara (The Ring, 2002)
Quel que soit le côté de l’océan Pacifique où vous la trouverez, vous ne voudrez jamais la voir. Issue de la série de livres d’horreur de Koji Suzuki, Sadako est le fantôme vengeur d’une jeune fille qui utilise des cassettes vidéo maudites pour créer une chaîne de victimes. D’abord interprétée par l’actrice japonaise Rie Ino dans le film Ring de 1998, elle a ensuite été jouée par d’autres actrices avant que l’histoire ne devienne hollywoodienne, avec Daveigh Chase dans le rôle de son homologue américaine Samara dans le remake de The Ring de Gore Verbinski en 2002. Spectre incarnant les médias visuels de la fin du XXe siècle, les pouvoirs uniques de Sadako/Samara – à savoir qu’elle revient une semaine après que vous ayez vu sa cassette maudite – créent de la paranoïa et du suspense, avec un tic-tac au-dessus de ses victimes. Cette fille effrayante, qui sort d’un puits avec des cheveux noirs trempés, prouve que personne ne devrait sous-estimer les choses étranges qu’il voit, car elles pourraient bien revenir pour le tuer.
11. Veste en jean (Nope, 2022)
Dans l’époustouflant film de science-fiction Nope de Jordan Peele, un extraterrestre géant surnommé « Jean Jacket » prend d’abord le déguisement d’un nuage avant d’évoluer vers sa forme finale, une monstruosité ressemblant à un ballon qui évoque les anges de Dieu tels qu’ils sont décrits dans le Livre d’Ezéchiel. Entité dévorante qui se nourrit de matière organique, Jean Jacket est le plus effrayant lorsque Jordan Peele emmène le public à l’intérieur de son système digestif, pour témoigner des derniers cris hystériques des personnes qui sont lentement dévorées. Dans la plupart des films de monstres, les victimes dévorées sont généralement mortes avant d’être avalées. (Mais dans Nope, les victimes ont le temps de comprendre ce qui se passe et sont impuissantes à l’arrêter. Il est vraiment effrayant d’envisager sa mort imminente alors qu’il est impossible d’obtenir une mort rapide et miséricordieuse.
10. Xénomorphe d’Alien (Alien, 1979)
Dans le film d’horreur de science-fiction Alien de Ridley Scott, les spectateurs découvrent une espèce terrifiante d’extraterrestres à base d’acide, les Xénomorphes. Avant que le film ne donne lieu à une série de suites, le premier volet de Scott se concentre sur un seul Xénomorphe qui ravage l’équipage du vaisseau commercial Nostromo. Inspiré par le travail transgressif de l’artiste H.R. Geiger, le comportement et les caractéristiques physiques du Xénomorphe – sans parler des détails tactiles riches en sang, écailles, dents en argent et tissus – permettent au film d’englober des thèmes plus importants concernant le genre, plus particulièrement la violence de la conception et de la grossesse. Le Xénomorphe Alien lui-même est un spectacle terrifiant qui illustre parfaitement la méchanceté chaotique et neutre.
9. L’homme-loup (L’homme-loup, 1941)
Il existe d’innombrables loups-garous dans l’histoire du cinéma, mais tous hurlent à l’honneur de Lon Chaney dans L’Homme aux loups. L’un des personnages les plus importants des Universal Monsters, l’Homme-Loup reste sans doute le loup-garou définitif du cinéma, même si ses successeurs sont plus animaliers dans leurs interprétations. Les effets spéciaux très primitifs du cinéma de l’âge d’or hollywoodien ne peuvent tout simplement pas dérailler l’atmosphère de survie qui entoure l’homme-loup de Chaney, dont la chasse à la viande vivante au clair de lune est une image qui perdure aujourd’hui.
8. Le Predator (Predator, 1987)
C’est la machine à tuer parfaite, un extraterrestre qui chasse et tue pour le sport. Bien sûr, seul Arnold Schwarzenegger est assez fort pour l’affronter en un contre un. Dans le classique d’action de John McTiernan, Schwarzenegger dirige une équipe de secours militaire d’élite en Amérique du Sud, qui se heurte à une présence extraterrestre au plus profond de la jungle. Initialement envisagé comme une créature ressemblant à un rat, le Predator a subi une sérieuse transformation au cours de la production pour devenir le chasseur insecte avec des crocs et des dreadlocks que l’on connaît aujourd’hui. La chose la plus frappante à propos du Predator est que, contrairement à la plupart des autres monstres de cinéma, celui-ci est très intelligent, étant d’une espèce inconnue avec une technologie inconnue. Malgré l’abondance des suites, on sait encore peu de choses sur lui, si ce n’est qu’il peut saigner, ce qui permet de le tuer.
7. Freddy Krueger (Les cauchemars de la rue Elm, 1984)
Le rival de Jason Voorhees et de Michael Myers est Freddy Krueger, le harceleur de rêves maléfique, interprété avec aplomb par Robert Englund et dont l’histoire d’origine est pénible à décrire. Dans le premier film écrit et réalisé par Wes Craven, Freddy Krueger est présenté comme un prédateur d’enfants qui, à sa mort, obtient le pouvoir de tuer les jeunes d’Elm Street dans leurs rêves. Monstre mémorable, Freddy est né d’un incident traumatisant survenu dans l’enfance de Craven, qui avait appris que des réfugiés cambodgiens étaient morts dans leur sommeil. Bien que Freddy soit un véritable salaud, on ne peut s’empêcher de l’aimer, car il fait des blagues avant d’assassiner des adolescents de manière inoubliable. La façon dont Freddy retrouve sa noirceur originelle dans la dernière suite de Craven, New Nightmare, où Freddy se libère dans le monde réel, ajoute à sa mystique.
6. L’homme pâle (Le labyrinthe de Pan, 2006)
Synthèse de l’imagination de Guillermo del Toro et du rôle le plus effrayant de la carrière de Doug Jones, « L’homme pâle » est la représentation physique de la condamnation par del Toro d’une élite cupide. Dans ce conte de fées sombre qui se déroule dans l’Espagne franquiste, une jeune fille nommée Ofelia (Ivana Baquero) pénètre dans un monde secret de magie et de monstres, où elle rencontre notamment l’étrange « Homme pâle ». Une goule svelte dont les yeux sont dans ses mains, la métaphore de del Toro est celle de la cupidité institutionnelle. L’égoïsme des hommes provient de tout ce qu’ils peuvent voir et toucher. Ils s’approprient les richesses, interdisant à quiconque d’en profiter ; ils préfèrent les laisser en l’état plutôt que de les partager avec ceux qui en ont le plus faim.
5. Le roi Ghidorah (Ghidorah, le monstre à trois têtes, 1964)
L’éternel rival de Godzilla est et a toujours été Ghidorah, une créature ressemblant à un dragon, inspirée de la divinité Orochi dans le folklore japonais et de l’hydre de Lerne dans le mythe grec. Dragon à trois têtes, doté de grandes ailes et dépourvu de bras, Ghidorah est un extraterrestre régulièrement opposé à Godzilla. Il fait sa première apparition dans le film Ghidorah, le monstre à trois têtes (1964), un spin-off de la série Godzilla de Toho où le Roi des monstres apparaît pour contrecarrer les tentatives de Ghidorah de détruire la Terre. Depuis ce film, Godzilla et Ghidora ont passé de nombreuses années à s’affronter, Ghidorah représentant le mal à l’état pur chaque fois que Godzilla joue un rôle plus héroïque dans l’intrigue. Ses têtes de dragon menaçantes et ses rugissements stridents s’opposent à ceux de Godzilla, faisant de Ghidorah le seul de la galerie de rogues de Godzilla à se sentir comme une menace légitime.
4. Dracula (Dracula, 1931 et Horreur de Dracula, 1958)
Monstre de cinéma qui dégouline de style autant qu’il dégouline du sang de ses victimes, le comte Dracula, tiré de l’immortel roman de Bram Stoker de 1897, est tout simplement l’un des monstres les plus emblématiques de l’histoire du cinéma. Incarné par d’innombrables acteurs, mais surtout par Bela Lugosi (dans Dracula, 1931) et Christopher Lee (dans Horror of Dracula, 1958), le vampire le plus important de toute la culture populaire a enflammé l’imagination des conteurs pendant des générations, étant un avatar de l’aristocratie et un prédateur suceur de sang de la classe inférieure. Sexy et sinistre, Dracula est le seul monstre capable de vous voler votre vie et votre souffle.
3. Le Monstre (Frankenstein, 1931) et la Mariée (La Mariée de Frankenstein, 1935)
Quel que soit votre point de vue dans le débat sans fin sur le nom de Frankenstein, il est indéniable qu’un puissant humanoïde à moitié mort, composé de restes de personnes disparates, est l’un des monstres les plus durables de tous les temps. Métaphore des dangers d’une science incontrôlée, Frankenstein (ou plutôt le monstre de Frankenstein) est surtout connu grâce à l’interprétation de Boris Karloff dans le film Frankenstein (1931). Quelques années plus tard, la suite, La Fiancée de Frankenstein, reprenait l’histoire dans laquelle le Dr Frankenstein (Colin Clive) et sa création tentaient de créer une compagne convenable, ce qui donna naissance à la Fiancée (Elsa Lanchester). La tragédie dans les deux films est que le monstre de Frankenstein est terriblement incompris, étant un individu capable de douceur mais qui est immédiatement accueilli avec haine et hostilité en raison de ses origines immorales. Le fait que la seule personne qui pourrait l’aimer, la fiancée, soit immédiatement terrifiée par lui et meure avec lui (« We belong dead ! ») constitue l’une des tragédies les plus émouvantes des films de monstres.
2. Comte Orlok (Nosferatu, 1922)
Souvent confondu avec Nosferatu, le comte Orlok est une version non officielle du comte Dracula qui pourrait bien être plus effrayante que l’original. Incarné par Max Schreck dans le chef-d’œuvre germanophone de F. W. Muranau, le comte Orlok est un vampire dont les traits étonnamment animaliers – évocateurs de rats, de chauves-souris et de gobelins – transpercent notre compréhension innée du monde naturel. Alors que Dracula est reconnu comme le plus beau des méchants, Nosferatu reste dans l’ombre, tel un cousin lointain et malade qui n’a même pas besoin de boire votre sang pour vous effrayer.
1. Godzilla (Gojira, 1954)
Surgissant des océans pour punir l’humanité de son impardonnable arsenal nucléaire, Godzilla est une icône exclusivement japonaise dont les rugissements et les coups de pied secouent les spectateurs du monde entier. Reconnu comme le « roi des monstres », ce titre n’est pas venu facilement mais reste bien mérité. Depuis sa première apparition dans le film Gojira d’Ishiro Honda en 1954, Godzilla a donné naissance à l’une des franchises de films de monstres les plus prospères et les plus réussies au monde, avec d’autres bêtes mémorables telles que Mothra, Rodan, Gigan, ainsi que King Kong. Malgré le rappel sinistre de ses souffrances dues à la décimation atomique, le Japon a pleinement adopté ce lézard radioactif en tant qu’ambassadeur de la culture pop. Godzilla a été un méchant et un héros, parfois tout à la fois. Saluons le roi des monstres. Puisse-t-il toujours régner en maître.































